2) LA CHAPELLE PROVISOIRE EN BOIS
Années 1948-1949
Un premier texte imprimé, non daté (mais vraisemblablement rédigé en 1949) de provenance inconnue, semblant découpé dans un quotidien, mais signé « MA » pour Marc Ado, (le pseudonyme que Vincent Petty utilisait pour la presse), nous fournit une entrée en matière sous le titre :
«Les Pyrénéistes construisent leur chapelle au Marcadau»
« Depuis un an, les usagers du Marcadau demandaient une chapelle et faisaient des dons dans le but d’avoir un édifice où la messe pût être dite décemment par tous temps.
Le calvaire des Petits Chanteurs de la Croix de Bois ne manque certes pas de charme sous ses deux grands sapins. Mais l’endroit est exposé au vent, bien des gens l’ignorent et de plus, la messe ne peut y être célébrée que par beau temps et avec autorisation.
Les désirs de la majorité s’accomplissent enfin grâce à de généreux donateurs et à l’infatigable travail de l’Abbé Pragnère, une chapelle provisoire est sur le point d’être construite.
Pendant une semaine, répétant les gestes de nos ancêtres du moyen age, les pyrénéistes apportent des pierres de la montagne pour en construire le soubassement, tandis que d’autres passaient leur journée à prendre du sable dans le gave et les plus jeunes montaient des pièces de bois du pont d’Espagne au Marcadau. Les travaux de maçonnerie sont presque achevés et bientôt la discrète construction de bois pourra entrer en service en attendant la chapelle définitive en granit. Divers projets se présentent pour celle-ci, tous très simples s’harmonisant parfaitement avec les lieux.
Ce sera vraiment la Chapelle des Pyrénéistes puisque eux-mêmes ont aidé à la construire ». M.A.
Un autre texte provenant des archives et signé de Vincent Petty décrit la construction de la chapelle :
Première chapelle en bois (…)Les soubassements ont été construits par les pyrénéistes présents au Marcadau pour les fêtes de la Fache 1949 ; parmi ceux-ci :
Les Drs Broquère, Labat, Grange, Marque. Le Professeur et Madame Rouché. Mmes Grange, Broquère, Labat, Marqué, Mlles Pitrou… Les jeunes du Foyer F. Lagardère de Nogent sur Marne qui en outre portèrent sur leurs dos depuis le Pont d’Espagne les grands panneaux latéraux. Terrasse et Marches d’autel sont l’œuvre de l’Abbé Pragnère aidé d’un maçon et de Mr. Andureu. Le bâtiment de bois a été offert par M. Béguère de Lourdes, ancien Conseiller Général et Maire, décédé.(…)
Le « Pèlerins des Cimes » de 1988 nous fournit, sous la plume de Vincent Petty, des indications complémentaires sur cette fameuse petite chapelle de bois :
« L’Abbé s’écria un jour : « il nous faut une chapelle ». Il la conçut à sa taille. Tout juste assez grande pour contenir l’autel avec une sacristie dont le sol pourrait servir de lit avec un bon matelas pneumatique.
L’idée fit son chemin et l’été suivant, la construction du socle fut commencée.
A la lueur des flambeaux, on posa la « première pierre » le 25 août 1948 en la fête de St Louis. C’était une bouteille dans laquelle on avait glissé un parchemin contant l’événement. Arriva l’été 1949. L’abbé annonça triomphalement que M. Béguère, maire de Lourdes et entrepreneur, avait construit une chapelle fort belle… sur son chantier ! Impossible de la parachuter au Marcadau ! L’abbé fit démonter l’ensemble en quatre panneaux et tenta en vain de les faire porter par les mulets du camp militaire du Clot. La taille des pièces était telle que les pauvres bêtes ne purent les porter sur les sentiers. Que faire ? Il y avait alors au Marcadau un groupe de jeunes parisiens qui campaient. Depuis un an existait en banlieue parisienne à Nogent sur Marne une association de jeunesse « Loisirs et Culture » portant le nom de Foyer F. Lagardere. Le chef de camp de ces garçons dit à l’abbé : « C’est nous qui vous porterons les panneaux ». Tous eurent quelques doutes quant à la réalisation d’une telle entreprise. Grâce aux cordes d’escalade, deux équipes portèrent, du Clot au Marcadau, les quatre panneaux en deux voyages… Pour le panache, ils passèrent par les « escales » de la Pourtère ! Ce ne fut pas une petite affaire. L’abbé, rayonnant, offrit le soir une bonne bouteille à chaque équipe.
Les panneaux furent alors assemblés. (…)
On retrouve ce même texte dans le bulletin de 1999, avec d’autres précisions de « Choucas » sur les protagonistes du portage :
« 50 ans après, qui furent ces jeunes du Foyer F. Lagardère qui restèrent toujours dans l’anonymat ? Ils furent quatre à monter les panneaux sur des cordes accrochées aux épaules et ils s’en souviennent comme si c’était hier, du moins pour trois d’entre eux, l’un des leurs étant malheureusement décédé :
- André Bourdon : le chef de camp, solide gaillard de 21 ans qui revenait du service militaire(…)
- Jack Goodman : compagnon de captivité de Vincent au camp de St Denis durant l’été 1944. Retour des « colonies » allure très british, 26 ans(…)
- Jean Chevillard : 24 ans, ami de Vincent rencontré par hasard à Cauterets en 1946 et intégré aussitôt, comme Jack Goodman , à la première équipe fondatrice du Foyer(…)
- Jean François : dit « Choucas », le petit jeune de l’équipe, 17 ans en 1949, mais pas effrayé de suivre les grands(…)
Un second texte d’importance, une longue lettre de l’Abbé Pragnère, datée du 16 janvier 1961, nous donne des informations de tout premier ordre sur les intentions et les réalisations du prêtre. L’Abbé décrit d’abord ce beau « quartier de montagne » de façon courte mais admirable, évoque la construction du refuge, et s’attarde ensuite sur la fréquentation des lieux. Nous découvrons la vocation du prêtre, « évangéliser », et sa décision d’entreprendre la construction d’une première chapelle provisoire puis d’une « vraie » église de granit.
« (…) C’est un beau quartier de montagne, au centre des Pyrénées, au fond de la vallée de Cauterets.(…)
Sa clientèle a changé, mais il devient de plus en plus connu maintenant . Ce ne sont plus les voyageurs, les pèlerins, les bergers seulement. Plus encore que les ascensionnistes, les pêcheurs, les chasseurs, ce sont les estivants qui viennent séjourner au grand Refuge, l’hôtellerie du Touring Club de France, y planter tout autour leurs tentes l’été.(…)
Et le Marcadau fut bientôt connu comme un séjour où ( l’on) pouvait s’esbaudir en toute liberté, et cette « capitale » du camping tourna quelque peu en capitale du nudisme.
Ce climat moral discrètement relâché s’est un peu amélioré, et sa réputation est un peu meilleure depuis qu’une toute petite chapelle en bois y fut édifiée il y a dix ans, et maintenant une vraie, quoique modeste, Eglise en granit.
Ce besoin s’était fait sentir. L’église de Cauterets est à 17 kms, et pour remédier à cet éloignement aucune tentative n’avait été faite. Il me fut donné de constater avec tristesse l’atmosphère naïvement païenne de ce beau séjour. Déjà, dès l’année 1924 j’avais eu l’occasion d’inaugurer et de poursuivre un ministère religieux en montagne, qu’aucun prêtre du monde catholique, à ma connaissance, n’a encore réalisé à ce degré. C’était des cérémonies à la pointe des plus hauts sommets pyrénéens devant des groupes de jeunes ascensionnistes, de plus en plus nombreux et fervents. Prières, chants, communions, messes avec allocutions.. ; laissant dans l’âme une impression profonde et inoubliable. L’élan en est donné et ne cesse de s’amplifier.
J’avais commencé à la cime du Pic du midi d’Ossau, le lendemain à celle du Balaïtous. Pendant plus de 30 ans, pour la première fois, une quarantaine des plus hautes cimes pyrénéennes furent évangélisées.
J’étais venu aussi au Marcadau, célébrer la messe, à deux cents mètres du refuge, sur un petit calvaire élevé entre deux grands pins, par les petits chanteurs de la croix de bois de Mgr. Maillet. Puis pendant sept années consécutives je l’avais traversé pour gravir la cime du Cambales où le cadavre d’un lourdais, Berdou, avait été trouvé et où tous les ans, devant un groupe de ses compatriotes je disais la messe à sa mémoire. Entre temps, un jeune habitué de cette montagne, Vincent Petty, avait un peu changé l’atmosphère morale et créé une ambiance de saine gaieté et de religion. Et l’urgence d’une petite chapelle m’apparaissait de plus en plus. Mais comment réaliser ce projet sans ressource, sans appui : vrai château en Espagne, pensai-je, cette Espagne qui est là à une heure de trajet.
Pourtant, il le fallait. Je me décidai, demandais au maire de lourdes, Mr Bèguère, un ami de m’aider. Sur mes indications il me fit exécuter une petite baraque en bois de 4 m2, comme si elle devait être parachutée. Je ne puis dire ici quelles difficultés j’ai eu à surmonter pour son transport et son installation. Elle pouvait abriter à l’intérieur 3 ou 4 fidèles. Je dus édifier un perron où, par beau temps je célébrais la messe devant mes paroissiens, qui sur la pelouse se tenaient exposés au froid, au brouillard, à la pluie, au vent, au soleil.(…)
Précédant les travaux, la pose de la première pierre nous est connue par quelques coupures de quotidiens, datées et signées des mêmes protagonistes…
On retrouve ainsi dans Pyrénées Eclair du 2 09 1949 le texte suivant :
« Une fois de plus s’est déroulée le 22 août(1949) dans le cadre incomparable du Marcadau, le pèlerinage annuel de la Fache.
Dès la veille le refuge Wallon était plein à craquer. La famille Pantet mit tout en œuvre pour satisfaire de nombreux pyrénéistes présents.
Dans la soirée après une veillée fort réussie, Mr. L’Abbé Pragnère, posa la première pierre de la future chapelle du Marcadau, au milieu d’une nombreuse assistance porteuse de torches et de lanternes qui chanta alors la prière du soir. Un feu d’artifice très réussi vint mettre un terme à la soirée par l’embrasement de tout le Marcadau(…)» M.A.
Ce texte est à nouveau signé des 2 initiales pour « Marc Ado », le pseudonyme de Vincent Petty.
Un autre entrefilet est tiré de la Nouvelle République du même 2 09 1949, sous le titre :
« Le 6 eme pèlerinage des pyrénéistes à la Fache
« Malgré le temps incertain une foule se pressait le dimanche 21 août (1949) au refuge Wallon. Dans la soirée eut lieu la veillée annuelle des « Amis de la Fache » où furent chantés les airs traditionnels des Pyrénées. Mr. L’Abbé Pragnère invita ensuite les assistants à se rendre sur l’emplacement de la future chapelle du Marcadau pour y poser, à la lueur des torches, la première pierre. Enfin, un brillant feu d’artifice fourni par la maison Ruggiéri vint illuminer le Marcadau(…) »V.P. ( pour Vincent Petty).
Année 1950 :
Pour l’année 1950, plusieurs textes nous sont parvenus, décrivant cette fois, l’inauguration du petit bâtiment de bois. Il faut noter que plusieurs évènements se sont déroulés entre le 20 et le 23 août 1950 au Marcadau ; outre l’inauguration de la chapelle, l’ Abbé Pragnère se vit décerner la Grande médaille du C.A.F. le 21 après la messe qu’il venait de concélébrer, et bien sûr le pèlerinage de la Fache conclut ce triptyque en beauté le surlendemain 22 août. Mais nous sortons du sujet…
On trouve un article dans la Nouvelle République du 12 09 1950 sous le titre :
« LES FETES DU MARCADAU – La Chapelle des montagnards »
« Comme nous l’avons annoncé dans la «Nouvelle République», des fêtes grandioses dans leur simplicité se sont déroulées fin août au Marcadau.
Dès le dimanche 20 août, une foule nombreuse de pyrénéistes s’assemblait au refuge Wallon. Le lundi matin, sous un ciel très clément, se déroulait l’inauguration de la petite chapelle provisoire élevée avec l’aide et les dons des montagnards. Sur la terrasse décorée de mâts aux oriflammes multicolores et de branches de sapins, la messe fut célébrée aux accents de chants religieux interprétés par une excellente chorale. Le sermon de circonstance fut dit par l’Abbé Boissonnet(…) »V.P.
On retrouve ce même texte dans « SUD OUEST » daté du 14 09 50 sous un titre différent :
« Les grandes fêtes pyrénéistes au Marcadau: Inauguration
de la chapelle des montagnards »
Et encore le paragraphe suivant dans « PYRENEES ECLAIR » du 12 09 1950 sous le titre :
« Les pyrénéistes inaugurent leur chapelle et franchisent le Col de la Fache »
« Trois évènements uniques dans les annales du pyrénéisme se déroulaient récemment au marcadau. Dans un décor de fête, la grand’messe d’inauguration fut célébrée sur la terrasse de la chapelle, devant une centaine d’assistants. Une chorale excellente interpréta des chants polyphoniques et dirigea les chants grégoriens, repris en chœur par l’assistance. A l’Evangile, Mr. L’Abbé Boissonnet fervent pyrénéiste, établit un parallèle entre les vertus de Notre Dame et celles qu’exige de ses fidèles la montagne(…)”Marc Ado.
Un autre texte semble plus important encore, car le signataire n’est autre que l’Abbé Pragnère, il est paru dans l’ « EVEIL » du 23 09 1950 sous le titre :
« FÊTES AU MARCADAU »
Le vallon du Marcadau, au pied du port de Panticosa, qui reste « capitale du camping » dans les Pyrénées, a vu se dérouler le 21 et le 22 août, des fêtes qui dépassèrent toute attente. Tentes, refuge, hôtellerie, tout était rempli de visiteurs, d’estivants, de campeurs, de pyrénéistes.
A dix heures et demie, devant le refuge Wallon le drapeau tricolore monte lentement au grand mât, tandis que l’assistance se fige dans le silence. L’hymne national retentit, chanté par tous, puis un beau chœur par un groupe de « guides » de Brest.
Un cortège s’organise vers la petite chapelle, érigée à 150 mètres, sur la piste du Cambalès.
Sur ce petit plateau, prairie verdoyante dégagée des blocs de granit, la foule se groupe au pied du large péristyle, devant la porte.
L’autel est dressé en plein air dans ce cadre si imposant. Trois prêtres entourent « l’aumônier des cimes » pour la bénédiction de la chapelle et la messe solennelle.
Dans un religieux silence, chants liturgiques, cantiques discours sont répercutés par les échos(…)
Les hautes personnalité du pyrénéisme sont là. Au premier rang, la figure vénérée et si sympathique de M. Ledormeur, M. Pivert, secrétaire général du Club Alpin de Bordeaux, représente le C.A. et son président M .Girard ; puis d’autres personnes bien connues dont certaines rappellent un prestigieux passé et un deuil douloureux comme celle de M. Santé, de Pau. Beaucoup ont écrit ou télégraphié leur regret d’une absence forcée, tel M. Urbain Cazaux, président de la Fédération française de ski. La municipalité de Cauterets est représentée par M. Poutz, adjoint, un vrai montagnard. Là aussi sont présents des médecins, des professeurs, d’autres notabilités dont un haut personnage du gouvernement marocain, enfin des champions d’escalade(…) »
Chronologie résumée :
Il est temps de faire un résumé avec chronologie ; cela est on ne peut plus simple, il suffit de reprendre dans les archives, la chronologie de la main de Vincent et plus particulièrement ce qui a trait à la chapelle :
(…) Ici commence une autre histoire… Les pèlerins désireux de passer quelque temps au refuge tentent de retenir l’ Abbé Pragnère, il pourrait célébrer la messe du dimanche pendant tout le mois… C’est donc sur un autel de fortune, laissé sur place par un camp d’avant-guerre organisé par les « Petits Chanteurs de la Croix de Bois » (à l’est du refuge) que se dirent les premières messes. Mais il faut chaque fois des autorisations, le vent et la pluie obligent les messe à se célébrer au refuge, ce qui gène aussi bien les fidèles que les incroyants. On décide alors la construction d’une petite chapelle en bois, les fidèles restant sur le plateau en plein air !
Le 25 août 1948 au retour du pèlerinage, pose de la première pierre à la lueur des torches.
1949 : Depuis le Pont d’Espagne jusqu’au Marcadau, en deux grandes équipes…..Les panneaux de bois de la chapelle sont portés par les jeunes du Foyer F. Lagardère.(…)
1950 : 20 août, inauguration de la chapelle, premier feu d’artifice du Marcadau(…)
La chapelle provisoire en bois commence alors sa courte existence solitaire sur son charmant petit plateau à l’ouest du refuge, devenant pour une petite dizaine d’années seulement, le lieu de culte du Marcadau. Elle trouvera une compagnie ensuite, dans sa jeune sœur de granit…mais devra lui laisser la prééminence, perdant son utilité. Elle succombera aux poids des ans et des intempéries au début des années 1980.
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2) LA CAPILLA PROVISIONAL DE MADERA
Años 1948 a 1949
Un primer texto impreso, sin fecha pero presumiblemente redactado en 1949, que parece recortado de un periódico, pero firmado "M.A.", Marc Ado, seudónimo que utilizaba Vincent Petty en sus artículos de prensa, nos proporciona una introducción con el título:
"Los pirineistas construyen su capilla en el Marcadau"
"Desde hace un año, los usuarios del Marcadau solicitaban una capilla, y hacían donaciones con el fin de tener un edificio donde se pueda decir misa decentemente sin preocuparse de la metereología.
El calvario de los Petits Chanteurs de la Croix de Bois tiene su encanto bajo dos grandes pinos, pero el sitio está expuesto al viento, muchos lo desconocen y además solo se puede decir misa con buen tiempo y contando con una autorización.
Los deseos de la mayoría se ven colmados: por fin, gracias a la generosidad de los donantes y a la infatigable labor del Abbé Pragnère, está a punto de construirse una capilla provisional.
Durante una semana, imitando los gestos de nuestros antepasados en la Edad Media, los pirineistas acarrean piedras del monte para construir los cimientos, mientras que otros se pasan el día cogiendo arena en el torrente y los más jóvenes suben tablas desde Pont d'Espagne al Marcadau. Los trabajos de albañilería están casi acabados y pronto la modesta edificación de madera podrá entrar en servicio hasta que se construya la capilla definitiva de granito. Hay varios proyectos para esta última, todos muy sencillos y perfectamente adaptados al terreno.
Será realmente la Capilla de los pirineistas, puesto que ellos mismos han ayudado a construirla" M.A.
Otro texto procedente de los archivos y firmado por Vincent Petty describe la construcción de la capilla:
Primera capilla de madera (...) Los cimientos han sido construidos por los pirineistas que estaban en el Marcadau para las fiestas de la Fache de 1949; entre ellos:
Los Drs. Broquère, Labat, Grange y Marque y sus esposas. El Profesor Rouché y su esposa, Las señoritas Pitrou... Los jóvenes del Foyer Lagardère de Nogent sur Marne, que además trajeron a hombros desde Pont d'Espagne los grandes paneles laterales. La plataforma y las escaleras del altar son obra de l'Abbé Pragnère, ayudado por un albañil y por el Sr. Andureu. El edificio de madera fue un obsequio del difunto Sr. Béguère de Lourdes, antiguo Consejero General y alcalde
El Peregrino de las cumbres de 1988, en escrito de Vincent Petty, nos da informaciones complementarias sobre la famosa capilla de madera:
"Un día dijo el Abbé: "Necesitamos una capilla". La concibió a su estilo: el tamaño justo para dar cabida al altar, con una sacristía cuyo suelo podría servir de cama, con una buena colchoneta de aire.
La idea fue progresando y al año siguiente comenzó la construcción del zócalo.
A la luz de las antorchas, se colocó la primera piedra el 25 de agosto de 1948, fiesta de San Luis. Era una botella en la que se había introducido un pergamino que narraba el acontecimiento. Llegó el verano de 1949. El Abbé anunció triunfalmente que el Sr. Béguère, alcalde de Lourdes y constructor, había construido una capilla preciosa ... ¡En su taller! Imposible lanzarla en paracaídas al Marcadau. El Abbé desmontó el conjunto en cuatro paneles e intentó en vano que fueran transportados por los mulos del cuartel del Clot. El tamaño de los trozos era tal que las pobres bestias no las pudieron llevar por los caminos. ¿Que hacer? Por aquellos entonces estaban en el Marcadau un grupo de jóvenes parisinos acampados. Hacía un año que se había creado en Nogent sur Marne, en el extrarradio de París, una asociación de juventud de "ocio y cultura" que llevaba el nombre de Hogar F. Lagardère. El Jefe de Campamento le dijo al Abbé: "Nosotros os llevaremos los paneles". Todos tenían serias dudas sobre la posibilidad de realizar esta hazaña. Utilizando cuerdas de escalada, dos equipos trasladaron del Clot al Marcadau los cuatro paneles en dos viajes.. Rizando el rizo, pasaron ¡ por las escalas de la Pourtère! No fue ninguna tontería. El Abbé, resplandeciente, regaló esa noche una hermosa botella a cada equipo.
Luego, se acoplaron los paneles (...)
Reencontramos el mismo texto en el boletín de 1999, con otros detalles de "Choucas" sobre los protagonistas del transporte:
"¿Que ha sido después de 50 años de los jóvenes del Foyer F. Lagardère que quedaron siempre en el anonimato? Cuatro fueron los que subieron los paneles a base de cuerdas enganchadas al hombro y se acuerdan como si fuera ayer, al menos tres de ellos, ya que el cuarto por desgracia ha fallecido:
- André Bourdon : el jefe de campamento, fuerte chaval de 21 años que volvía del servicio militar.
- Jack Goodman : compañero de prisión de Vincent en el campo de San Denis durante el verano de 1944. Regresaba de las "colonias", 26 años de edad y aspecto muy "british",
- Jean Chevillard : de 24 años, amigo de Vincent reencontrado por casualidad en Cauterets en 1946, e integrado de inmediato, como Jack Goodman, al primer equipo fundacional del Foyer.
- Jean François: alias "Choucas", el benjamín del equipo con 17 años en 1949, pero que seguía a los mayores sin ningún temor.
Otro importante texto, una larga carta del Abbé Pragnères con fecha 16.01.61, nos da informaciones de primerísima mano sobre las intenciones y realizaciones del cura. El Abbé describe primero este bello "barrio montañero" de forma breve pero admirable, evoca la construcción del refugio y se extiende sobre la frecuentación de estos parajes. Descubrimos la vocación del cura, evangelizar, y su decisión de promocionar la construcción de una primera capilla provisional y luego de una "verdadera" iglesia de granito
(...) Es un bello paraje de montaña, en el centro de los Pirineos, al fondo del valle de Cauterets.(...)
Su clientela ha cambiado, pero cada vez es más conocido. Ya no se trata solamente de viajeros, peregrinos y pastores; tampoco de montañeros, pescadores y cazadores: son los veraneantes que vienen a pasar una temporada en el refugio, en el chalet del Touring Club de France o plantar alrededor sus tiendas de campaña.(...)
Y el Marcadau comenzó a ser conocido como una residencia donde podía uno refocilarse en total libertad, y la "capital" del camping se convirtió poco a poco en la capital del nudismo.
Este ambiente moral discretamente relajado, ha mejorado algo y tiene mejor reputación desde que una capilla diminuta de madera se edificó hace diez años, y ahora una verdadera, aunque modesta, iglesia de granito.
Se notaba su necesidad. La iglesia de Cauterets está a 17 Km.. y nada se había hecho para remediar esta distancia. Pude comprobar con tristeza el ambiente ingenuamente pagano de este hermoso paraje. Ya en 1924 tuve ocasión de inaugurar y continuar una función pastoral en montaña que ningún sacerdote del mundo católico que yo conozca ha llevado hasta este grado. Eran ceremonias en la cima de las más altas cumbres pirenaicas ante grupos de jóvenes montañeros, cada vez más numeroso y devotos. Rezos, cantos, comuniones, misas con sermón... dejaban en el alma una impresión profunda e inolvidable. El impulso estaba dado y no deja de reforzarse.
Comencé en la cima del Midi d'Ossau y al día siguiente en la del Balaitus. Durante más de 30 años y por primera vez, fueron evangelizadas alrededor de cuarenta cimas pirenaicas.
También vine al Marcadau, a celebrar una misa a 200mts del refugio, en un pequeño calvario que levantaron entre dos grandes pinos los Petits Chanteurs à la Croix de Bois de Monseñor Maillet. Después, lo atravesé durante siete años consecutivos para subir a la cima del Cambalés, donde se encontró el cadáver del vecino de Lourdes Berdou y donde todos los años, ante un grupo de paisanos suyos, decía una misa en su memoria. Mientras tanto, un joven que frecuentaba estas montañas, Vincent Petty, había cambiado un poco el ambiente moral, creando una atmósfera de santa alegría y de religión. La urgente necesidad de una capillita se me hacía más y más evidente. ¿Pero cómo realizar este proyecto sin recursos y sin apoyos?. Un verdadero "Chateau en Espagne", me decía, en esta España que está ahí a una hora de camino.
Sin embargo, había que hacerlo. Me decidí, le pedí ayuda a mi amigo el alcalde de Lourdes, M. Bèguère. Siguiendo mis indicaciones, me construyó un pequeño barracón de madera de 4m² como si fuera a ser lanzada en paracaídas. No quiero relatar las dificultades que tuve que superar para transportarla e instalarla. Cabían dentro 3 o 4 fieles. Tuve que levantar un estrado donde, cuando hacía bueno, celebraba la misa delante de mis parroquianos, que sobre la hierba quedaban expuestos al frío, a la niebla, al viento, al sol ...
Precediendo estas obras, conocemos la colocación de la primera piedra gracias a algunos recortes de periódico fechados y firmados por los mismos protagonistas:
Así, encontramos en el Pyrénées Eclair del 02.09.49 el texto siguiente:
"Una vez más se ha celebrado el 22.08.49 en el marco incomparable del Marcadau, la peregrinación anual a la Fache.
Desde la víspera, el refugio estaba lleno hasta los topes. La familia Pantet hizo todo lo posible para atender a los numerosos pirineistas presentes.
Al anochecer, después de una espléndida fiesta, el Abbé Pragnère puso la primera piedra de la futura capilla del Marcadau, en medio de una multitud que llevaba antorchas y linternas y que cantó a continuación la oración de la noche. Un buen castillo de fuegos artificiales puso término a la fiesta, iluminando todo el Marcadau." MA
En la firma del texto, una vez más, las dos iniciales de Marc Ado, el seudónimo de Vincent Petty.
Otro recuadro, extraído de la Nouvelle République del mismo 02.09.49 bajo el titular:
"6ª peregrinación de pirineistas a la Fache"
"A pesar del tiempo inseguro, una multitud se concentraba el domingo 21 de agosto (1949) en el refugio Wallon. Al anochecer tuvo lugar la fiesta tradicional de los "Amigos de la Fache", en la que se entonaron las canciones tradicionales de los Pirineos. El Abbé Pragnère invitó a continuación a los asistentes a reunirse en el emplazamiento de la futura capilla del Marcadau para colocar allí, a la luz de las antorchas, la primera piedra. Por fin, un brillante castillo de fuegos artificiales, a cargo de la firma Ruggièri, vino a iluminar el Marcadau". V.P. (Vincent Petty)
Año 1950:
Del año 1950, nos han llegado varios textos, describiendo la inauguración de la pequeña construcción de madera. Hay que subrayar que varios acontecimientos se sucedieron en el Marcadau entre el 20 y el 23 de agosto de 1950; aparte de la inauguración de la capilla, se concedió al Abbé Pragnère la medalla de oro del C.A.F. el 21 después de la misa que acababa de concelebrar, cerrando el tríptico con broche de oro la peregrinación a la Fache a los dos días, el 22 de agosto. Pero nos alejamos del tema...
Encontramos un artículo en La Nouvelle République del 12.09.50 bajo el título:
"FIESTAS DEL MARCADAU - La capilla de los montañeros"
"Tal como anunciamos en La Nouvelle République, una fiesta grandiosa en su sencillez se ha desarrollado a fin de agosto en el Marcadau.
Desde el domingo 20 de agosto, un gran número de pirineistas se reunía en el refugio Wallon. El lunes por la mañana, con un tiempo muy agradable, se celebraba la inauguración de la pequeña capilla provisional edificada con ayuda y donaciones de los montañeros. Sobre la terraza decorada de mástiles con banderas multicolores y ramas de pino, se celebró una misa con cantos religiosos entonados por una excelente coral. El sermón fue pronunciado por el Abbé Boissonet..." V.P.
Volvemos a encontrar el mismo texto en SUD OUEST de fecha 14.09.50 pero con un título distinto:
"Grandes fiestas pirineistas en el Marcadau; Inauguración
de la capilla de los montañeros"
Y además el párrafo siguiente en PYRENEES ECLAIR del 12.09.50 bajo el título:
"Los pirineistas inauguran su capilla y cruzan el collado de la Fache"
Tres acontecimientos únicos en los anales del pirineismo se desarrollaban recientemente en el Marcadau. En un marco de fiesta, la misa mayor de la inauguración se celebró sobre la terraza de la capilla, ante un centenar de asistentes. Una excelente coral interpretó polifonías y dirigió el canto gregoriano, coreado por la asistencia. En el Evangelio, el Abbé Boissonet, ferviente prineista, establecía el paralelismo entre las virtudes de Nuestra Señora y las que exige la montaña de sus fieles".. Marc Ado.
Otro texto que parece tener más importancia al ser su firma nada menos que del Abbé Pragnère, apareció en l'EVEIL del 23.09.50 bajo el título:
"FIESTA EN EL MARCADAU"
El valle del Marcadau, al pié del puerto de Panticosa que sigue siendo la capital del camping en los Pirineos, ha sido testigo el 21 y 22 de agosto de unas fiestas que fueron más allá de lo que se esperaba. Tiendas, refugio, chalet, todo estaba lleno de visitantes, de veraneantes, de campistas, de prineistas.
A las diez y media, delante del refugio Wallon, la bandera tricolor se iza lentamente en el gran mástil, mientras que la asistencia queda firmes y en silencio. Suena el himno nacional, cantado por todos y después un bonito coro de un grupo de "guías" de Brest.
Se organiza el cortejo hacia la capillita, erigida a 150 m.. sobre el sendero del Cambalés.
Sobre esta pequeña colina, verde pradera separada de los bloques de granito, la multitud se agolpa al pié del gran peristilo, ante la puerta.
El altar se ha montado al aire libre en este imponente marco. Tres sacerdotes rodean al "capellán de la cimas" para la bendición de la capilla y la misa solemne.
En medio de un silencio religioso, los salmos litúrgicos, los cánticos y las palabras son repetidas por los ecos.
Están presentes altas personalidades del pirineismo, En primera fila, la simpática y respetada figura de M.Ledormeur. M.Pivert, Secretario General del Club Alpino de Burdeos, representa al C.A. y a su presidente M.Girard; otras personalidades muy conocidas, algunas de las cuales recuerdan un prestigioso historial y un doloroso duelo, como el de M.Santé, de Pau. Muchos han escrito o telegrafiado para excusar su forzada ausencia, como M.Urbain Cazaux, presidente de la Federación Francesa de Esquí. La municipalidad de Cauterets está representada por M.Poutz, adjunto, un montañero de verdad. También están presentes médicos, profesores, otros notables, entre ellos un alto cargo del gobierno marroquí, campeones de escalada...
Resumen cronológico:
Es hora de hacer un resumen cronológico; no puede ser más fácil, basta con coger de los archivos la cronología hecha por Vincent Petty, y especialmente la que se refiere a la capilla:
(...) Aquí comienza otra historia... Los peregrinos que querían quedarse algún tiempo en el refugio, intentan retener al Abbé Pragnère, que podría celebrar la misa del domingo durante todo el mes. En un altar improvisado, dejado en su sitio por un campamento organizado antes de la guerra por los "Petits Chanteurs de la Croix de Bois" al Este del refugio se dicen las primeras misas. Pero hay que pedir autorizaciones en cada ocasión, el viento y la lluvia obligan a celebrar la misa en el refugio, lo que molesta por igual a creyentes y a incrédulos. Se decide construir una pequeña capilla de madera, en la que los fieles quedan al aire libre.
El 25 de agosto de 1948, al terminar la peregrinación, se coloca la primera piedra a la luz de las antorchas.
1949: Desde Pont d'Espagne al Marcadau, formando dos grandes equipos Los paneles de madera de la capilla son transportados por los jóvenes del Foyer F. Lagardère.
1950: 20 de agosto, inauguración de la capilla, primeros fuegos artificiales en el Marcadau.
La capilla provisional de madera comienza su corta existencia solitaria en su hermosa colina al Oeste del refugio, convirtiéndose durante un decenio escaso en el lugar de culto del Marcadau. Luego encontrará compañía en su joven hermana de granito pero deberá cederla la preeminencia, al perder su utilidad. Sucumbirá al peso de los años y la intemperie a principio de los 80.
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