3) LA GRANDE CHAPELLE DE GRANIT
Un autre projet d’ une envergure bien supérieure, mobilise ensuite les forces de l’Abbé Pragnère ; sa chère église de granit. Le lettre du 16 janvier 1961, déjà mentionnée, nous donne encore des informations importantes :
« Mgr Théas me confia le soin spirituel des chantiers et barrages qui s’élevèrent et me nomma aumônier de la montagne. « A partir de quinze cents mètres, me dit-il souriant, vous êtes Evêque ».
Le Marcadau est à 1866 m et la chapelle était trop petite. Dès lors il m’appartenait de réaliser quelque chose de mieux (…) Entre temps, un estivant de Cauterets, Marcel Fontaine, courtier en vins à Cambrai, fidèle habitué du Marcadau, me pressait d’édifier la chapelle. Comme je lui objectais l’absence absolue de moyens financiers, lui-même se mit à solliciter la générosité de ses clients, riches et gros fermiers du Nord…Moi-même alors, partis à la recherche de fonds. Je fis des conférences publiques avec projection de magnifiques vues en couleur des Pyrénées, dont une au casino de Cauterets même, puis des sermons dans les églises, les collèges(…)
Vint 1958, l’année du Centenaire des apparitions de N.D. de Lourdes. C’était le moment d’offrir à la Reine des Neiges une Église qui ; mettant les fidèles à l’abri des intempéries fut un poème de granit à sa gloire et comme une invocation constante, une supplication pour tous les pyrénéistes, un St Denys pour les péris en montagne, un mémorial où tous les ans une cérémonie funèbre les évoquerait devant Dieu.
Je demandais à Mgr. Théas, la permission de construire cette chapelle, et , au vu des difficultés financières extrêmes de la future basilique St Pie X, je le dispensais de toute participation aux dépenses. Je mis au courant le curé de Cauterets ( ndlr il s’agit du chanoine Peyou)(…)
Nous convînmes, pour nous procurer des ressources, de fonder une association déclarée à l’Officiel. Nous lui donnâmes le nom de « Les bons amis du Marcadau » car il y avait eu déjà une association intitulée paraît-il « Les amis du Marcadau ».
Et je me chargeai des formalités légales.
Comme bureau, alors que j’hésitai sur le choix d’un président, c’est le curé de Cauterets qui leva mes scrupules et me conseilla de prendre la Présidence. Lui-même serait secrétaire ; Marcel Fontaine trésorier. Nous choisîmes quatre assesseurs Gaston Santé de Pau, Henri Lamathe de Lourdes, Justin Longué (ndlr dénommé un peu plus loin vice président) et François Boyrie de Cauterets ; tous quatre montagnards éprouvés.
Plus tard, nous constituerions un comité plus large, comprenant les sommités pyrénéistes(…)Nous désignâmes comme siège social de l’association : le n° 1 de la rue de Pause, c’est à dire le presbytère de Cauterets(…)
Je fis dresser une maquette de l’éventuel édifice et demandais au curé de l’exposer à l’entrée extérieure de son église…elle fut placée, à l’intérieur à gauche au pied d’une colonne avec un tronc, et resta là deux ans(…)
Puis je demandais au président du Syndicat de la Vallée de St Savin, la convocation des syndics, leur exposais mon projet, les avantages pour l’avenir, leur demandais le terrain nécessaire sur un petit plateau au-dessus de la falaise à 130 m environ du refuge(…)Ils acquiescèrent de bon cœur, me firent un bail (ndlr pour la modique somme de cents francs par an) pour 18 ans (soit de la fin des années 50 jusque vers 1975), y ajoutèrent cinq cents mille francs (anciens) par amitié pour moi dirent-ils, car c’était la première fois qu’ils entendaient parler des « Bons amis du Marcadau ».
Je commençais les travaux. Il y eut des difficultés inouïes. Pas de sable emporté par les inondations du printemps. Pas de main d’œuvre ; cette année du Centenaire ne connut pas de chômage. Pas de transport ou très onéreux. Sentiers muletiers par endroits abominables ; des mulets militaires indisponibles au moment le plus urgent…Des quadrupèdes trop chargés qui se couchaient et qu’il fallait débâter. Des ouvriers en congés payés, seulement avec tous les risques(…) et qu’il fallait arracher à leur famille dans des conditions de nourriture et de logement telles que de justesse la grève fut évitée. Un manque absolu d’outillage ; des manœuvres bénévoles et parfois refusant toute aide pour le transport des blocs de granit et de l’eau nécessaire. A coté de dévouements remarquables, de refus d’aide surtout chez les jeunes… etc. etc. il me fallut faire le manœuvre, le courrier, l’entrepreneur qui procure et dispose tout(…) et par deux fois j’ai frisé la mort(…).
Quand les murs de la construction furent arrivés à hauteur du toit, je rencontrai le curé de Cauterets pendant ma descente dans la vallée et lui dit : « va payer les 250.000 francs de la toiture que j’ai commandé à Vandamme de Lourdes »(…) »
D’autres informations nous sont parvenues ; un article simplement annoté par Vincent Petty « 1958 » (il semble exister ici une erreur de date) mais sans la moindre indication de provenance et intitulé :
« Au Marcadau (Cauterets)le pèlerinage de la Fache Il a dépassé en ampleur et en éclat les pèlerinages précédents »
« (…)L’aumônier de cimes célébra sa quatorzième messe de la Fache(….)
Le lendemain (ndlr 6 août 1957) à 11 heures, même messe aussi solennelle devant la petite chapelle décorée avec art d’oriflammes, drapeaux, piolets, cordes entrelacées.
Communions aussi nombreuses. Puis bénédiction des murs, à mi-hauteur, de la nouvelle église et scellement d’un mémorial sous la dalle de granit du seuil.
Ces fêtes émouvantes avaient été précédées la veille(…)
Un banquet à l’hôtellerie du refuge allait commencer quand apparut, chargé d’un sac monumental, le héros si simple et modeste de l’Annapurna, Marcel Schatz. Il fut l’objet d’une ovation.
Le lendemain, son piolet rouge de l’Himalaya déposé à la chapelle, un dragon ( ?) à la main, il tirait du gave une pile de sable pour la chapelle. Il n’aurait jamais cru, a-t-il dit le site du Marcadau aussi beau. »
Le texte du mémorial scellé sous la dalle d’entrée de la nouvelle chapelle nous est connu :
« L’an de grâce mil neuf cent cinquante sept, le sixième jour du mois d’août, en la fête de la Transfiguration de Notre Seigneur Jésus-Christ, a été posée cette première pierre de la Chapelle Notre-Dame des Neiges du Marcadau, élevée à la mémoire des Pyrénéistes disparus et des "péris en montagne"
Construite sous la dynamique impulsion du légendaire aumônier des cimes, M. l’abbé Louis PRAGNERE qui en la célébration de son quatre-vingtième anniversaire l’a bénite et scellée, elle est due à la générosité de nombreux fidèles qui ont souscrit pour son érection en adhérant à l’association internationale : Les Bons Amis du Marcadau. Le syndicat de la Vallée de St Savin a offert le terrain et alloué une généreuse subvention.
Elevée sous le glorieux pontificat de Sa Sainteté Pie XII, Monseigneur Pierre-Marie Théas étant évêque de Tarbes et Lourdes, M. le chanoine Peyou, curé de Cauterets.
Une somme importante a été collectée dans le Nord de la France par Marcel Fontaine, le dévoué trésorier. »
« ITER-PARA-TUTUM »
Pour la chapelle de granit nous avons un entrefilet annoté Le Figaro du 23 07 1958 sous le titre :
« UNE CHAPELLE DES ALPINISTES »
« Au Marcadau, près de Cauterets (Hautes Pyrénées), se déroule chaque année un pèlerinage à 3000 mètres vers une Vierge scellée au sommet du pic de la Grande Fache. Ce véritable pardon des montagnards, qui voit Français et Espagnols se réunir à la cime, se déroule cette année le 5 août.
Le lendemain (ndlr 6 août 1958) sera inaugurée, sous la présidence de S.E. Mgr. Théas, évêque de Tarbes et Lourdes, une chapelle de granit construite à coté du refuge à la mémoire des « péris en montagne ».
Il serait cependant injuste au regard de l’histoire de dire que cette chapelle avait sa place naturelle en ce lieu et que sa construction était attendue de tous… plusieurs témoignages, au contraire, semblent montrer que quelques oppositions existaient !
La première en importance sinon dans la chronologie semble être celle du Touring Club de France, qui était, dans les années d’après-guerre, encore tout à fait influent sur l’ensemble du territoire national. Le T.C.F. était à l’origine de la construction avant-guerre de l’hôtellerie du Marcadau alors distincte du vieux refuge de Falisse et des agrandissements successifs. Une lettre de Madame Margalide Le Bondidier, Conservateur du Musée Pyrénéen de Lourdes, datée du 28 juillet 1950, en réponse à une lettre de Vincent Petty qui lui demandait une intervention auprès du TCF, pour obtenir un grand pavois de cette organisation, nous permet cette affirmation :
« Cher Monsieur,
J’ai écrit au T.C.F. pour les renseignements sur Culaous et pour le drapeau à remplacer au refuge du Marcadau – pas de réponse. Depuis la fin de la guerre, je n’ai plus de drapeau T.C.F. pour notre donjon. Ils n’en fournissent plus.
Je vous envoie un chèque postal de 500 f. comme cotisation du musée aux « Amis de le Fache » sans, pour cela m’engager à continuer à le faire tous les ans.
Je vous remercie de votre invitation pour le 21 août (ndlr 1950, inauguration de la chapelle en bois) au Marcadau, mais je serai bien incapable de monter jusque là.
J’ai demandé à l’ami Ledormeur d’y aller et de me remplacer, mais tout à fait officieusement car je n’ai pas qualité pour représenter le T.C.F. qui est, vous le savez, hostile à ces cérémonies. Cela pourrait m’attirer beaucoup d’ennuis auprès d’eux.
Nous reparlerons de tout cela avec André qui me verra dans quelques jours.
Recevez, cher monsieur, l’assurance de mes meilleurs sentiments.
M. Le Bondidier »
Un autre courrier nous est connu, manuscrit et sous la plume de Robert Ollivier, un peu antérieur à la précédente lettre et daté du 3 août 1948 :
Mon cher ami, j’ai bien reçu en son temps votre lettre et, ces jours-ci, votre convocation pour la cérémonie de la Fache ( ndlr 22 au 25 août 1948).
Je vous remercie de toutes ces amabilités que vous avez pour moi et permettez-moi de trouver exagérée la considération dont vous m’entourez. Un simple grimpeur n’en mérite pas tant.
Et je dois, en toute loyauté, vous faire part de mon point de vue au sujet de votre organisation « Les Amis de la Fache » et des cérémonies que vous mettez sur pied. C’est, je le souligne, une opinion toute personnelle et je ne cherche nullement à faire école ; je suis trop respectueux de l’indépendance d’esprit de mon prochain.
La Montagne est pour moi, une source de vie et d’action, le terrain par excellence de la joie dans l’effort. Elle peut être une cathédrale, car une cathédrale élève l’âme comme je veux que la montagne le fasse. Elle ne saurait être un cimetière, ni un lieu qui donne l’occasion de se pencher perpétuellement sur le passé.
Je garde un respect infini pour les amis morts en montagne ou ailleurs, mais, justement pour rester fidèle à leur esprit vainqueur, je refuse de me complaire dans ce que les psychologues appellent la délectation morose. Exagérer les cérémonies funèbres en montagne, cela me parait être une recherche d’émotions déprimantes et ennemies de l’action vers l’avenir. C’est à dire que je désapprouve complètement une société qui n’a d’autre but que d’évoquer les morts. Cela me paraît un signe certain et alarmant de civilisation décadente.(…)
Je vous prie de bien vouloir transmettre mon amitié et mon respectueux souvenir à l’Abbé Pragnère et de ne pas trop m’en vouloir de ma franchise.
Croyez, mon cher Ami, à mes meilleurs sentiments.
R Ollivier »
De tout ce qui précède il faut tirer quelques conclusions
Une interaction est manifeste, empreinte d’une immense estime réciproque, entre l’Abbé Pragnère et Vincent Petty. Si les textes utilisés ici prouvent à de très nombreuses reprises l’estime de Vincent pour l’Abbé ; la lettre de 1961 nous montre que cela est tout à fait réciproque… mais l’on peut aussi reprendre le dernier chapitre du livre de l’Abbé « A la poursuite des izards » intitulé : « Si j ‘avais un fils ».. et l’on retrouve ( page 259 de l’édition du 15 novembre 1993, sur les presses de SAI Biarritz) en toutes lettres l’estime de l’Abbé :
« (…) Comment ne pas vous évoquer aussi, cher Vincent Petty ! N’est-ce pas une fierté pour moi que cette réussite unique : vous avoir entraîné, tout jeune encore, vers les sommets et vous voir maintenant l’animateur incomparable des Pyrénées Centrales, vous qui répandez tant de vie, de joie, d’entrain, pourquoi ne pas dire d’enthousiasme dans ces inoubliables veillées du Marcadau, ces cérémonies émouvantes, ces vrais pèlerinages des cimes, tel celui de la Fache… Vous, à ce culte de la montagne où, comme jadis dans les auberges d’Espagne on ne trouverait que ce qu’on y porte, vous avez donné tant des deux cotés de la chaîne que même dans la région parisienne, le sens spirituel le plus élevé ?
Oui, si j’avais un fils, comme je lui dirais:« Aime la montagne!»
En ce qui concerne les lieux de culte du Marcadau, l’idée initiale semble être celle de l’Abbé mais il y a lieu ici de se souvenir aussi de l’enfance de Vincent Petty. Vincent était le fils unique d’un couple d’anglais, son père avait été envoyé en France pendant la première guerre mondiale pour créer une usine de savons de la firme anglaise Gibbs. Cette famille pieuse convertie au catholicisme avait réalisé dans l’enfance de Vincent, dans les années 1924 ou 25 (il avait 7 ou 8 ans) , et avec lui, un voyage en Italie dont le caractère religieux est attesté par une visite à la basilique St Marc de Venise, un séjour dans la ville éternelle, mais aussi et surtout un passage en Ombrie et tout particulièrement à Assise. Il est bon de rappeler ici que la famille Petty appartenait au Tiers Ordre Franciscain, sa mère était « Sœur Claire Monique », et que ce « détour » semblait être obligatoire et même, qui sait, la raison principale de ce voyage dans la péninsule. Un lien se fait alors tout naturellement, Saint François en rêve avait entendu dans la petite église de la « Portioncule » (depuis incluse dans la grande basilique Notre Dame des Anges) une voix lui disant « Va, reconstruit mon église »…Vincent se sentait peut être investi depuis sa tendre enfance d’une « mission » évangélique dont l’une des facettes était la construction d’un lieu de foi. Nous devons aussi rattacher à ces notions la présence sur le tabernacle de l’actuelle chapelle du Marcadau d’une croix de St François, ainsi que le titre d’une des rubriques habituelles de «Pèlerins des cimes » Les « Fiorettis », empreint pur et simple au vocabulaire franciscain ; les « Fiorettis » sont de petites histoires racontées par St François !
Ainsi, il n’est pas interdit de penser que l’idée de construire une chapelle est autant celle de Vincent que celle de l’abbé Pragnère.
A ce titre, les articles signés de Vincent, où il donne le premier rôle au prêtre, ne sauraient être utilisés pour trouver une quelconque prééminence…le signataire se plaçait toujours en retrait dans ses propres écrits. Quant à la lettre de 1961 rédigée par l’abbé Pragnère, les circonstances et les raisons d’une telle dissertation obligeaient le rédacteur à se donner un peu le beau rôle…
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3) LA GRAN CAPILLA DE GRANITO
Otro proyecto de mucha mayor envergadura, moviliza las fuerzas del Abbé Pragnère; su querida iglesia de granito. La carta del 16 de enero de 1961, ya mencionada, nos da informaciones de importancia:
"Monseñor Théas me confió el cuidado espiritual de las obras y embalses que se realizaron y me nombró capellán de la montaña: "A partir de los 1.500 metros, me dijo sonriente, sois Obispo".
Marcadau está a 1.686m. y la capilla era demasiado pequeña. Por tanto, me correspondía a mí hacer algo mejor (...) Mientras tanto, un veraneante de Cauterets, Marcel Fontaine, mayorista de vinos en Cambrai, fiel concurrente al Marcadau, me apremiaba a edificar la capilla. Al objetarle la total ausencia de medios financieros, él mismo se puso a incitar la generosidad de sus clientes, importantes y ricos agricultores del Norte. También yo me lancé a la búsqueda de fondos. Pronuncié conferencias públicas con proyección de magníficas diapositivas en colores del Pirineo, una de ellas en el mismo Casino de Cauterets, di sermones en iglesias, colegios (...)
Llegó 1958, el año del Centenario de las apariciones de N.S. de Lourdes. Era el momento de ofrecer a la Reina de las Nieves una iglesia que resguardara a los fieles y que fuera un poema de granito a su gloria, como una constante invocación, una súplica por todos los pirineistas, Un San Denís para los caídos en montaña, un memorial donde todos los años fueran evocados ante Dios con una funeral.
Pedí permiso a Monseñor Théas para construir esta capilla y, ante las extremas dificultades financieras de la futura basílica de San Pío X, le dispensé de toda ayuda para sufragar los gastos. Puse al corriente al cura de Cauterets (nota: se trataba del canónigo Peyou)
Convinimos, para procurarnos recursos, en fundar una asociación con base legal. Le dimos el nombre de "Los buenos amigos del Marcadau" porque ya había existido una asociación que se llamaba al parecer "Los amigos del Marcadau".
Yo me encargué de las formalidades legales.
Al comenzar a nombrar a los responsables, tenía dudas para elegir presidente, hasta que el cura de Cauterets barrió mis escrúpulos y me aconsejó asumir la presidencia. El mismo sería el secretario; Marcel Fontaine el tesorero. Escogimos cuatro asesores, Gastón Santé, de Pau, Henri Lamathe, de Lourdes, Justin Longué (nombrado al poco tiempo Vicepresidente) y François Boyrie, de Cauterets; los cuatro montañeros expertos.
Más tarde, formaríamos un comité más amplio, que incluía a las principales personalidades del Pirineo (...) Designamos como sede social de la organización la rue de Pause nº1, o sea, la sede parroquial de Cauterets.
Encargué hacer una maqueta del posible edificio y le pedí al cura que la expusiera a la puerta de su iglesia. Allí se colocó, entrando a la izquierda al pié de una columna junto a un cepillo, y allí estuvo durante dos años.
Luego solicité del presidente del sindicato del valle de San Savin una convocatoria a los síndicos, a los que expuse mi proyecto, las ventajas de futuro, pidiéndoles la cesión del terreno necesario en una pequeña colina sobre el acantilado, a unos 130m. del refugio. Accedieron de buen grado y me fijaron un alquiler (por la módica suma de 100 francos anuales) para un periodo de 18 años (lo que va desde finales de los 50 hasta 1975 aproximadamente) y añadieron una donación de 500.000 francos antiguos por amistad hacia mi, dijeron, por ser la primera vez que oían hablar de "Los buenos amigos del Marcadau"
Comencé las obras. Hubo unos problemas increíbles. Nos quedamos sin arena, arrastrada por las inundaciones de primavera. No había mano de obra, puesto que el año del Centenario no existió el paro. No había transporte, o era muy caro. Los caminos de mulo eran abominables en algunos tramos; las mulas militares no estaban disponibles en el momento que más falta hacían.. Cuadrúpedos con exceso de carga que se tumbaban y a los que había que desembastar. Obreros con vacaciones pagadas, pero con seguro a todo riesgo (...) que había que arrancar a sus familias en unas condiciones de alimentación y albergue que se evitó la huelga de milagro. Total falta de herramientas; peones bondadosos que a veces rehusaban cualquier ayuda para transportar los bloques de granito y el agua necesaria. Junto a actos de generosa entrega, rechazo de ayudas, en especial entre la juventud.. etc. etc. Tuve que hacer de peón, de correo, de promotor que provee de todo y organiza todo (...) y dos veces estuve a punto de matarme (...)
Cuando los muros de la edificación llegaron a la altura del techo, encontré al cura de Cauterets mientras bajaba al valle y le dije: "ve a pagar los 250.000 Fr. de la techumbre que dejé encargada a Vandamme de Lourdes (...)
Nos han llegado otras informaciones: un artículo anotado simplemente "1958" por Vincent Petty (parece haber un error de fecha) pero sin la menor indicación de su origen y titulado:
"En el Marcadau (Cauterets) la peregrinación de la Fache ha sobrepasado en amplitud y resonancia a las peregrinaciones precedentes"
"El capellán de las cumbres celebró su decimocuarta misa de la Fache
Al día siguiente (06.08.57) a las 11, otra misma igualmente solemne ante la pequeña capilla, graciosamente decorada con banderines, banderas, piolets, lazos de cuerdas
Comuniones igualmente numerosas. Luego, bendición de paredes, a media altura, de la nueva iglesia y sellado de un memorial bajo la gran losa de granito del portal.
Estas emotivas celebraciones fueron precedidas la víspera (...)
Iba a comenzar el banquete en la hospedería del refugio, cuando apareció, cargado con una enorme mochila, el sencillo y modesto héroe del Anapurna. Marcel Schatz. Fue objeto de una ovación.
Al día siguiente, empuñando un ¿dragón? sacaba del torrente una pila de arena para la capilla. Nunca hubiera pensado, dijo, que fuera tan bonito el paraje del Marcadau "
Conocemos el texto del memorial sellado bajo la lápida de entrada a la nueva capilla:
"En el año de gracia de mil novecientos cincuenta y siete, el sexto día del mes de agosto, fiesta de la Transfiguración de Nuestro Señor Jesucristo, se colocó esta primera piedra de la capilla de Nuestra Señora de las Nieves del Marcadau, erigida en memoria de los montañeros desaparecidos y de los caídos en montaña.
Construida por el dinámico impulso del legendario capellán de las cumbres, M. l'Abbé Louis PRAGNÈRE que en la celebración de su ochenta cumpleaños la selló y bendijo, se debe a la generosidad de numerosos fieles que han contribuido a su erección adhiriéndose a la asociación internacional "Los buenos amigos del Marcadau". El sindicato del valle de San Savin ofreció el terreno y una generosa subvención.
Construida en el glorioso pontificado de Su Santidad Pío XII, siendo Obispo de Tarbes y Lourdes Monseñor Pierre-Marie Thèas y párroco de Cauterets el Canónigo M. Peyou
Una importante cantidad se recolectó en el Norte de Francia por Marcel Fontaine, el abnegado tesorero"
"ITER-PARA-TUTUM"
Respecto a la capilla de granito, tenemos un recuadro con la anotación "Le Figaro del 23.07.58", bajo el título:
"UNA CAPILLA DE ALPINISTAS"
"En el Marcadau, cerca de Cauterets (Altos Pirineos) se celebra cada año una peregrinación a 3.000 m, hacia una Virgen colocada en la cima del pico de la Gran Fache. Este auténtico <jubileo> montañero, que ve a franceses y españoles juntarse en la cumbre, se celebra este año el 5 de agosto.
Al día siguiente (06.08.58) se inaugurará, bajo la presidencia de Monseñor Thèas, Obispo de Tarbes y Lourdes, una capilla de granito construida junto al refugio en recuerdo de los caídos en montaña".
Sería, sin embargo, históricamente injusto decir que ése era el lugar natural de la capilla y que su construcción era esperada por todos... Varios testimonios, por el contrario, parecen demostrar que existía cierta oposición.
La primera en importancia, si no en el tiempo, parece ser la del Touring Club de Francia, que en los primeros años de posguerra seguía siendo muy influyente en el conjunto del territorio nacional. El T.C.F. fue el constructor antes de la guerra del chalet de Marcadau, separada entonces del viejo refugio de Falisse, y de sus ampliaciones sucesivas. Una carta de Mme. Margalide le Bondidier, Conservadora del Museo Pirineista de Lourdes, fechada el 28-07- 50, en respuesta a una carta de Vincent Petty que le solicitaba intervenir ante el T.C.F para obtener propaganda con los máximos elogios de esta organización, nos permite afirmarlo:
"Querido Señor:
He escrito al T.C.F. para las informaciones sobre Culaous y para el reemplazo de la bandera del refugio del Marcadau- sin respuesta. Desde que acabó la guerra, ya no tengo bandera del T.C.F para nuestro homenaje. Ya no las proporcionan.
Le envío un cheque postal de 500fr. como contribución del Museo a los "Amigos de la Fache", sin comprometerme sin embargo a seguirlo haciendo en años sucesivos.
Le agradezco la invitación para el 21 de agosto (1950, inauguración de la capilla de madera), pero no sería capaz de subir hasta allí.
He pedido al amigo Ledormeur que acuda en mi lugar, aunque de forma totalmente oficiosa, porque no tengo categoría para representar al T.C.F. que es, como ya conoce, enemigo de estas ceremonias. Esto podría ocasionarme muchos disgustos con ellos.
Volveremos a hablar de todo esto con André, al que veré en los próximos días.
Reciba, querido Señor, la garantía de mis mejores sentimientos,
M. Le Bondidier
Conocemos otra carta manuscrita, de la pluma de Robert Ollivier, algo anterior a la precedente, con fecha 3 de agosto de 1948.
Querido amigo, recibí en su día su carta y en estas fechas, su convocatoria para la ceremonia de la Fache (del 22 al 25 de agosto de 1948)
Le agradezco todas las amabilidades que tiene conmigo y permítame que encuentre exageradas las atenciones que me dispensan. Un simple escalador no merece tanto.
Debo, con toda lealtad, haceros llegar mi punto de vista sobre vuestra organización "Los amigos de la Fache" y las ceremonias que organizan. Se trata, insisto, de una opinión totalmente personal y no intento de ninguna manera crear escuela; soy demasiado respetuoso de la independencia de pensamiento de los demás.
La Montaña es para mí una fuente de vida y acción, el terreno por excelencia para la satisfacción en el esfuerzo. Puede considerarse una catedral, porque una catedral eleva el alma como pretendo que lo haga la montaña. No debería ser un cementerio, ni un lugar dedicado a contemplar perpetuamente el pasado.
Guardo un infinito respeto por mis amigos muertos en montaña o en otra parte, pero, precisamente para permanecer fiel a su espíritu de conquista, rehuyo el deleitarme en lo que los sicólogos denominan deleite morboso. Exagerar las ceremonias fúnebres en montaña, me parece una búsqueda de emociones deprimentes y enemigas de la acción hacia el futuro. Quiero decir, que desapruebo totalmente una asociación que no tiene más fin que evocar a los muertos. Me parece una señal cierta y alarmante de civilización decadente.
Le ruego transmitir mi amistad y mi recuerdo respetuoso a l'Abbé Pragnère y que no tenga demasiado en cuenta mi franqueza.
Crea, amigo mío, en mis mejores sentimientos.
R. Ollivier
De todo lo que antecede, hay que sacar algunas conclusiones:
Hay una interacción manifiesta, impregnada de una enorme estima recíproca entre el Abbé Pragnère y Vincent Petty. Si los textos empleados prueban numerosas veces el aprecio de Vincent por el Abbé, la carta de 1961 prueba que esto es totalmente recíproco ... Pero podemos también citar el último capítulo del libro del Abbé "Persiguiendo sarrios" titulado "Si tuviera un hijo", donde encontramos (pg. 259 de la edición 15.11.93, imprenta de SAI Biarritz) el cariño del Abbé con todas sus letras:
"(...) ¡Como no evocarte también a ti, mi querido Vincent Petty! No tengo mejor orgullo que este éxito sin par: haberte llevado, siendo aún muy joven, hacia las cumbres y verte ahora convertido en el incomparable animador del Pirineo Central, repartiendo tanta vida, tanta alegría, tanto ánimo, y por que no decir tanto entusiasmo en las inolvidables veladas del Marcadau, en las emocionantes ceremonias, en las auténticas peregrinaciones a las cumbres, como la de la Fache... Tu has conseguido dar al culto de la montaña, en el que, como se decía antes de las fondas españolas, solo encuentra uno lo que lleva consigo, tanto en ambas vertientes de la cordillera como incluso en la región parisiense, el más elevado sentido espiritual.
Si: si yo tuviera un hijo, cuantas veces le diría: "¡Ama a la montaña!".
En lo que concierne a los lugares de culto del Marcadau la idea inicial parece ser del Abbé, pero es oportuno recordar también la infancia de Vincent Petty. Vincent era hijo único de una pareja de ingleses, su padre fue enviado a Francia durante la primera guerra mundial para crear una fábrica de jabón de la firma inglesa Gibbs. Esta piadosa familia, convertida al catolicismo, había realizado durante la infancia de Vincent, en 1924 ó 25 (tenía 7 u 8 años) y con él un viaje a Italia de cuyo carácter religioso dan fe una visita a la basílica de San Marcos en Venecia y una estancia en la ciudad eterna, pero también y sobre todo, su paso por la Umbría y particularmente por Asís. Es bueno recordar aquí que la familia Petty pertenecía al Tercer Orden Franciscano, su madre era "Sor Clara Mónica", y que este "rodeo" parecía obligatorio e incluso, quien sabe la principal razón de este viaje por la península. Una relación se puede establecer con toda naturalidad. San Francisco escuchó en sueños en la pequeña iglesia de Porciúncula (incluida posteriormente en la gran basílica de Nuestra Señora de los Ángeles) una voz que le decía: "Ve, reconstruye mi Iglesia"... Vincent se sentía quizás investido desde su infancia de una misión evangélica, una de cuyas facetas sería la construcción de un lugar de culto. Debemos también relacionar estos indicios con la presencia en la actual capilla del Marcadau de una cruz de San Francisco, lo mismo que el título de una de las secciones habituales del "Peregrino de las cumbres", las Florecillas, un empréstito claro y puro del vocabulario franciscano: las "Fiorettis" son los pequeños cuentos que relataba San Francisco"
Por tanto, no es descabellado pensar que la idea de construir la capilla se debe tanto a Vincent como al Abbé Pragnére.
A este respecto, no se deberían considerar los artículos firmados por Vincent , en los que cede todo protagonismo al sacerdote, como prueba de una preeminencia. El firmante se colocaba siempre en segundo plano en sus propios escritos. En cuanto a la carta de 1961, redactada por el Abbé Pragnère, las circunstancias y razones de este discurso forzaban al redactor a otorgarse el papel principal.
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