L'accident d'octobre 1941
Le 14 octobre 1941, lors d'une ascension à la Grande Fache (3.006m.) dans la vallée du Marcadau, au-dessus de Cauterets (Hautes Pyrénées), une jeune femme originaire de Tarbes, Madame Maïte CHEVALIER, faisait pendant la descente una chute dramatique sous les yeux de son mari, de son frère et d'un camarade. Ayant manqué une marche creusée dans la neige, elle dérapa sur la couche gelée et partit tête la première. Son piolet de fortune se brisa et ne laissa à son poignet que la partie supérieure retenue par une dragonne. La cassure était en forme de biseau. Pourquoi ce morceau biseauté alla-t-il se planter dans le seul trou de neige fraîche existant sur la pente et s'y enfoncer jusqu'à la garde, retenant ainsi la malheureuse suspendue au-dessus des à-pics de la face Nord?
Les uns diront: la chance! D'autres parleront d'un concours de circonstances. La rescapée et ses compagnons qui, toute aide humaine étant devenue impossible, avaient invoqué la Vierge, attribuèrent à son intervention surnaturelle son incroyable sauvetage. Ainsi fût-il décidé d'ériger au sommet une statue de Notre Dame de Lourdes.
Le 4 septembre 1942, trois longues caravanes montaient vers le sommet de la Grande Fache emportant de l'eau, du sable et du ciment. Il y avait là un groupe de vingt personnes dont la rescapée et ses amis. Deux autres groupes étaient composés de deux équipes de JEUNESSE ET MONTAGNE, venues du Centre de Cauterets. Ces deux équipes étaient conduites par le moniteur-chef François BOYRIE, le guide de haute montagne bien connu dans les Pyrénées. Enfin, pour célébrer la messe au sommet, làumônier bénévole de JEUNESSE ET MONTAGNE, le fameux Abbé PRAGNÈRE s'était joint à la caravane.
Sous la conduite de François BOYRIE, les jeunes construisirent une terrasse au sommet et, bientôt, un cairn massif s´éleva. On y fit une niche devant laquelle on coula une table d'autel en ciment. La statue de Notre Dame de Lourdes, oeuvre d'art taillée dans un bloc de marbre de Carrare, pesait plus de 25Kg. Francis LAGARDÈRE, qui venair de quitter JEUNESSE ET MONTAGNE à la fin de son service , avait réclamé le privilège de porter "sa" Vierge de Lourdes jusqu'à la cime, car il était lourdais. On installa la statue en priant pour la France et ses prissoniers et l'on s'en fut, joyeux, le vœu accompli et si brillamment réalisé, après une messe célébrée par l'aumônier. La presse fit un large écho à ces cérémonies dont personne ne pouvait soupçonner qu'elles n'étaient que le début d'une longue histoire.
La foudre détruisit à plusieurs reprises le monument du sommet: chaque fois la statue fut remplacée.
En 1955, la Vallée de Saint Savin concède un terrain pour la construction d'une chapelle en dur. Le 6 août 1957, l'abbé PRAGNÈRE célèbre ses 80 ans et pose la première pierre de la nouvelle chapelle en granit. L'année suivante, jour pour jour, la chapelle est bénie et une première messe y est célébrée. Chaque anée, les pélerins montent et parfois des personnages célèbres président. Mgr. Jaques PERRIER, notre évêque de Tarbes et Lourdes est monté en 1999, devenant ainsi de premier évêque du lieu à présider nos cérémonies.