Cinquante ans de Sacerdoce, ça se fête ! Tous les habitués du Marcadau, les pèlerins de la Fache, les jeunes du Foyer Francis Lagardère ( région parisienne) avaient décidé de célébrer cet heureux anniversaire. Les préparatifs furent faits selon un plan mûri longtemps à l’avance. La petite chapelle en bois avait reçu sa parure de fète.
Deux écussons frappés des lettres A.M. entrelacées ( Ave Maria, mais aussi Aumônerie de la Montagne) et entourées d’une corde traversée par un piolet, ornaient les deux volets tandis qu’un grand « Magnificat » surmontait l’entrée. Drapeaux et oriflammes à profusion, sapins en dégradé de chaque coté de la chapelle formaient un chœur de verdure ( on n’était pas encore dans un Parc National) A l’entrée du plateau , entouré de mats et de guirlandes, une grande inscription : « Tu es Sacerdos in aeternum » ( Tu es prêtre pour l’éternité).
Alfred Pantet avait prêté tous les bancs du refuge, lui aussi pavoisé.Dans la grande salle : guirlandes de pommes de pin, tables en fer à cheval, recouverte de nappes blanches, chemin de table en branches de myrtilles, et de gros gâteaux à la broche aux extrémités, surmontés de fleurs sauvages. Au dessus de l’âtre, une inscription : « Ad multos annos » !
Tout commença par le salut aux couleurs accompagné du chant « Seigneur, accorde ton secours au beau pays que mon cœur aime » devant le refuge. Puis les 300 personnes se rendirent en cortège vers la « cathédrale de verdure »où l’Abbé Pragnère ( vous avez deviné qu’il s’agissait de lui !) célébra la messe d’action de grâce !Le jubilaire était entouré d’un diacre et d’un sous-diacre en dalmatiques dorées. Le R. Père Joie, lazariste, dirigeait la chorale accompagné à l’harmonium par mlle Bourgnon de Pau.
L’homélie fut un chant d’action de grâce au Seigneur, pour ces cinquante années de ministère. A l’issue de la messe, Mr. Pivert, président français des « Amis de la Fache » remit au nom du vice-président du Club Alpin Français ,le Dr. Girard, à l’Abbé, la médaille d’honneur du CAF. Le cher et regretté Georges Ledormeur adressa quelques mots de félicitation au récipiendaire. Après les photos d’usage, l’apéritif fut servi sur la terrasse du refuge. Puis ce fut le banquet : Maïté s’était surpassée. Il y avait à cette table des personnalités… les représentants des deux Fédérations de la Montagne, celui de la Jeunesse et des Sports et avec la famille de l ‘ Abbé une foule d’amis.
Au dessert, le président espagnol des « Amis de la Fache », Don Andrès Izuzquiza, remit à l’Abbé un triptyque contenant une belle statue de Nuestra Senora del Pilar et les français lui offrirent un ornement réversible vert et rouge.
L’Evêque de Tarbes et Lourdes avait envoyé par courrier spécial un télégramme de félicitations. Et la fête se poursuivit, comme il se doit, par des chants du pays tandis que, à l’extérieur, un orage mémorable se déchainait.
Retenons des remerciements de l’Abbé Pragnère ce mot qui en dit long : « Ces noces d’or sont pour moi un commencement. Votre amitié m’invite à donner plus encore ».